Les foyers de soins à « risques élevés » sont-ils efficaces?

La Colombie-Britannique a un système de classement pour les établissements de soins pour personnes âgées, ou ce que nous appelons ici en Ontario des « maisons de soins de longue durée ». Le classement tient compte des plaintes et incidents critiques signalés et établit si un établissement est à risques faibles, moyens ou élevés. Cette cote de risque détermine le nombre d’inspections auxquelles un établissement doit être soumis. En Colombie-Britannique, un foyer considéré à risques élevés peut s’attendre à une inspection surprise environ tous les trois mois.

En Ontario, Deb Matthews, la ministre de la Santé, préfère fermer les yeux.

Elle a trop peu d’inspecteurs et les inspections faisant suite à des plaintes ou à des incidents critiques prennent trop de temps – un argument formulé par l’ombudsman en 2010. Les inspections plus minutieuses de la qualité de vie des résidents prennent tellement de temps qu’il faudra plus de cinq ans pour inspecter tous les établissements, et ça, c’est « si » on finit par le faire.

Lorsqu’on a parlé du manque d’inspecteurs de foyers de soins, les médias nous ont demandé s’il serait réaliste d’augmenter le nombre d’inspecteurs compte tenu de la « situation économique ».

Les Ontariens sont-ils vraiment prêts à ignorer les personnes fragiles et âgées pour préserver les réductions d’impôts qui leur ont été accordées par Mike Harris, Stephen Harper et Dalton McGuinty?

Sommes-nous prêts, pour quelques sous d’économies, à fermer les yeux sur les souffrances endurées par les personnes âgées en Ontario?

L’état de l’Illinois a fait face à une situation similaire. L’état n’avait plus un sou, mais le public s’est indigné devant des articles parus dans la presse qui mettaient en lumière la situation des résidents dans les établissements de soins pour personnes âgées. L’Illinois a décidé d’établir une norme d’un inspecteur par 500 lits de soins de longue durée. Ils ont ainsi dû embaucher 70 nouveaux inspecteurs, pour environ 5 millions de dollars. Si l’Ontario faisait la même chose, nous aurions 154 inspecteurs, plutôt que les quelque 70 que nous comptons aujourd’hui.

Si Deb Matthews y réfléchissait vraiment, elle réaliserait que la négligence et l’abus ont un coût eux aussi, y compris celui d’un taux d’hospitalisations plus élevé des résidents des maisons de soins de longue durée.

Cela signifie également que la province paie sa part de l’indemnité journalière des résidents et qu’elle n’en a pas pour son argent.

Si l’Ontario dépensait le même un montant que l’Illinois pour embaucher de nouveaux inspecteurs, cela représenterait moins d’un pour cent de l’augmentation du financement des soins de la santé pour cette année.

Ça coûterait environ 7 pour cent de ce qu’il en coûte d’administrer les Réseaux locaux d’intégration des services de santé.

Ça n’a rien à voir avec l’économie. Ça n’a rien à voir avec l’argent. L’ancien ministre de la Santé George Smitherman avait versé des larmes et promis une révolution dans les soins de longue durée. Elle n’a pas eu lieu. Quant à Dalton McGuinty, il n’a pas l’air de s’en faire.

 

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