Quand les choses se gâtent

La Dr Danielle Martin a pratiquement catalogué les diverses attaques perpétrées sur le système d’assurance-maladie canadien au cours des deux dernières décennies. La présidente de Médecins canadiens pour le régime public a déclaré que tandis que les arguments ne cessent « d’évoluer », l’ordonnance de la droite ne change pas – la santé à deux vitesses et la privatisation est la réponse quelle que soit la question.

Elle dit que cette évolution fait partie intégrante d’une attaque qui n’a jamais correspondu à nos valeurs canadiennes, mais qui montre des signes d’incursion auprès des politiciens canadiens.

Au début, l’argument était que les riches devraient avoir le droit d’utiliser leur argent comme bon leur semble pour payer leur priorité dans la file d’attente. Les Canadiens ont clairement vu l’iniquité d’un tel argument. Les partisans de la privatisation ont alors soutenu que le système public était brisé, jusqu’à ce que, en 2004, une entente entre les gouvernements fédéral et provinciaux permettent de réduire les temps d’attente à travers le Canada. On a alors commencé à parler d’une population vieillissante qui ferait sauter la banque, jusqu’à ce que les économistes des soins de la santé fassent remarquer que le vieillissement ne comptait que pour un pour cent des augmentations des coûts de la santé, une augmentation tout à fait abordable compte tenu de la croissance économique. L’argument le plus récent est que les soins de santé sont insoutenables et qu’ils vont avaler la plus grande partie des budgets provinciaux.

Martin nous raconte une histoire que de nombreux défenseurs progressistes des soins de santé ont récemment utilisée. Une famille de quatre envoie un enfant à l’université dans une autre province. On dit à l’enfant qui reste qu’on n’a ainsi plus les moyens de s’en occuper. Les parents disent que l’enfant mangeait autrefois un quart de la nourriture achetée pour la famille. Avec l’autre enfant parti, celui-ci en consomme désormais un  tiers. Quand on soutient que les soins de santé retire de l’argent d’autres services, c’est essentiellement de cela qu’on parle. Le système des soins de santé n’est pas insoutenable – les réductions d’impôts le sont.

En fait, l’impact des réductions de l’impôt sur le revenu entre 1996 et 2002 a été le plus fort en Alberta, Ontario et Saskatchewan. Les réductions de l’impôt sur le revenu en Ontario se sont traduites par une somme de 12 milliards de dollars en moins pour les soins de santé, les services sociaux, l’éducation et d’autres services. Et les plus récentes réductions de l’impôt sur le revenu des sociétés se sont traduites par une autre perte de 2 milliards de dollars par année.

Tandis que les Canadiens sont répugnés à l’idée d’un système de santé à deux vitesses, en dépit de cela, certains politiciens ont clairement tendu l’oreille.

Les conséquences incluent l’abandon actuel des soins de santé par le fédéral, qui laisse l’avenir de la santé publique entre les mains des gouvernements provinciaux. Selon Martin, les choses commencent à aller vraiment mal.

Sans l’intervention active du gouvernement fédéral, rien n’a été fait pour développer des normes nationales pour améliorer le système. Pas plus qu’on a élaboré une vision pour les étapes à suivre.

Au lieu de négocier une entente, le gouvernement fédéral a simplement dit aux provinces ce qu’elles recevraient et a simplifié l’octroi en remplaçant les transferts par un financement par habitant. Seule une province y gagne – l’Alberta.

Sans le gouvernement fédéral à la table, il est impossible d’améliorer le régime d’assurance-maladie, même si le Canada a le pourcentage le plus faible en matière de couverture publique de tous les pays développés (sauf, bien sûr, les États-Unis).

Martin dit que si le Canada veut vraiment ressembler davantage à l’Europe, plutôt que d’augmenter la privatisation, il devrait augmenter la couverture publique de 70 à 80 pour cent.

S’il y a moyen de gagner cette bataille soutenue, Martin affirme que nous devons reconnaître la rhétorique, retourner à nos valeurs, utiliser les preuves et offrir une meilleure solution.

Ça inclut de reconnaître où se trouvent les facteurs de coût – la plupart dans la portion privée du système de santé, y compris les compagnies pharmaceutiques.

Martin dit qu’un des plus grands facteurs de coût est l’utilisation accrue des soins de santé par tous les âges – la majorité de cette utilisation étant inutile.

En plus de coûter davantage, la prestation privée fragmente la fourniture des services, rendant plus difficile de réaliser l’intégration et la coordination des soins.

L’organisme Médecins canadiens pour le régime public mobilise actuellement l’opposition aux compressions à courte vue du gouvernement Harper imposées sur le Programme fédéral de santé intérimaire pour réfugiés.

Le programme offre actuellement la couverture des soins de santé aux personnes protégées, demandeurs d’asile et autres personnes non admissibles au régime d’assurance-maladie provincial ou territorial.

Le programme est réduit de façon telle à ne couvrir que les personnes qui ont un besoin urgent ou essentiel. Ces coupures prendront effet le 30 juin.

 

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