David Orazietti s’en prend injustement à Natalie Mehra de l’OHC

David Orazietti proteste trop.

Le 30 mai dernier, le député provincial du Nord de l’Ontario s’en est pris à Natalie Mehra, la directrice de l’Ontario Health Coalition, dans ce que son communiqué de presse a qualifié de « tournée alarmiste de 15 villes ».

Orazietti a dit que Mehra « profitait de chaque occasion qu’on lui donnait pour déformer la vérité ».

Bien entendu, avant que le NDP exige des comptes relativement au passage en deuxième lecture du projet de loi budgétaire, le gouvernement McGuinty n’avait pas tenu ses propres audiences publiques sur le budget, une situation curieuse compte tenu du plan d’austérité sévère concocté par le ministre des Finances Dwight Duncan.

Si nous devons soudainement changer de direction, le public ne devrait-il pas avoir son mot à dire?

L’Ontario Health Coalition fait une tournée de la province pour aborder les préoccupations et écouter un public clairement soucieux de l’impact du budget du printemps sur les services de santé.

Les raisons d’être d’une telle tournée sont nombreuses.

Orazietti hésite peut-être davantage à qualifier d’alarmiste le vérificateur général de l’Ontario. L’été dernier, alors qu’on prévoyait des augmentations des fonds de la santé d’un maximum de 3,6 pour cent, le vérificateur avait averti que de telles restrictions entraîneraient vraisemblablement des coupures au niveau des services ou une escalade des déficits dans les quelque 150 corporations hospitalières de la province.

Quelle fut alors la réaction du gouvernement McGuinty? Restreindre le financement encore davantage, limitant les augmentations à une moyenne de 2,1 pour cent au cours des trois prochaines années.

Ce budget sera particulièrement difficile pour les hôpitaux vu qu’ils ne s’attendent pas à recevoir de fonds additionnels dans leurs budgets de base, en dépit d’une population croissante et vieillissante. En plus de cela, on s’attend à des coupures dans le financement allant jusqu’à 3 pour cent pour 36 hôpitaux; ces coupures sont basées sur une nouvelle formule de financement que le gouvernement a décidé d’introduire. Tandis que les discussions précédentes sur une formule de financement avaient inclus un discours sur la façon de protéger efficacement les hôpitaux contre une réduction du financement pendant la mise en œuvre, la ministre de la Santé, Deb Matthews, a décidé d’agir sans tarder et sans s’attarder sur les conséquences.

Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement McGuinty a encouragé les Réseaux locaux d’intégration des services de santé à mieux redistribuer le budget global de la santé. Étant donné que la tendance consiste à retirer les fonds destinés aux hôpitaux pour les donner à des organismes communautaires, cela n’augure rien de bon.

C’est formidable, en théorie, de dire qu’on veut se concentrer davantage sur les soins communautaires, mais qu’arrive-t-il lorsque les urgences commencent à s’enliser et les temps d’attente à s’éterniser?

Et qui les croirait ? Tandis que le gouvernement maintient le mantra d’une plus grande prestation communautaire, la part des dépenses de santé attribuée aux soins à domicile a en fait diminué sous le gouvernement McGuinty. Tandis que les hôpitaux sont paralysés par ce budget, 4 pour cent pour les soins à domicile feront peu pour réduire les attentes dans les centres de soins communautaires, et ne suffiront certainement pas à faire face aux nouvelles pressions du déchargement de patients par les hôpitaux.

Le communiqué de presse d’Orazietti nous parle du montant d’argent que le gouvernement libéral a investi dans les soins de santé depuis son arrivée au pouvoir, mais n’offre aucun contexte. C’est facile de se laisser impressionner par le fait que les Libéraux ont investi 19,2 milliards de dollars dans les soins de santé depuis 2003. Chaque nation industrialisée sur la planète a dépensé des sommes énormes dans le domaine de la santé ces dix dernières années. En fait, le Canada compte parmi les pays les plus sobres à cet égard.

En pourcentage de notre économie globale, les dépenses de santé sont actuellement en baisse. Elles sont aussi en baisse comme part des dépenses de programmes totales du gouvernement provincial. De 1993 à 2008, seules cinq des 32 nations de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) ont maintenu des augmentations des dépenses inférieures (à peine) à celles du Canada.

Orazietti maintient le mythe voulant que le gouvernement McGuinty est un gros dépensier en matière de santé, même si les dépenses per capita pour les soins de santé en Ontario semblent plutôt planer autour du pied de la liste des provinces canadiennes. Seul le Québec conteste la couronne d’austérité de l’Ontario.

Cela ne signifie pas que le gouvernement McGuinty n’ait pas fait d’investissements. Si les briques pouvaient résoudre nos problèmes dans le domaine de la santé, ce serait formidable parce que le gouvernement McGuinty a versé des milliards de dollars pour la construction de nouveaux bâtiments d’hôpitaux; malheureusement trop d’entre eux se sont envolés dans des partenariats publics-privés excessivement coûteux. L’Ontario est parvenu à réduire les temps d’attente mieux que la plupart des autres provinces dans cinq domaines clés, même si les efforts pour réduire les temps d’attente aux urgences n’ont pas porté de nombreux fruits. Les avis sont partagés en ce qui concerne l’efficacité des équipes de santé familiale, mais dans la plupart des cas, on applaudit l’idée de passer à une approche davantage axée sur la prestation en équipe des soins primaires. De nombreuses communautés ont profité de l’introduction de nouveaux centres de santé communautaires qui s’intéressent à une plus vaste gamme de déterminants de la santé. Aussi, ça fait longtemps que les hôpitaux auraient dû relever de la loi sur l’accès à l’information, bien que les restrictions supplémentaires imposées n’étaient certainement pas justifiées. Ouvrir les hôpitaux à l’ombudsman serait également fort utile, mais ce n’est pas encore fait. Les scores sont définitivement mitigés.

Plutôt que de lancer des invectives aux défenseurs des soins de santé, Orazietti aurait mieux fait d’assister au forum qui a eu lieu dans sa propre communauté de Sault-Ste-Marie, et d’écouter ce que les électeurs de cette ville avaient à dire.

Nous sommes réellement préoccupés par ce budget provincial, et il nous doit plus que de lancer des pierres à ceux et celles qui abordent ces préoccupations et de leur jeter des bâtons dans les roues.

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