L’Ontario aime ce que fait le Danemark pour les personnes âgées… mais sommes-nous prêts à payer pour?

« Le Danemark a commencé à faire des plans pour les personnes qui vieillissent en 1986 et ils ont développé un système formidable de soutien dans la communauté. Nous avons seulement commencé à nous en préoccuper il y a trois ans. »Dr Peter Zalan, président du personnel médical à Horizon Santé-Nord (Sudbury), en réponse à la surpopulation et aux longues attentes aux urgences. (CBC News)

En 1987, le Danemark a décidé de ne plus construire de nouvelles maisons de soins infirmiers et, depuis lors, le nombre de lits a baissé de façon surprenante.

Toutefois, cela ne signifie pas qu’il n’existe pas d’établissements résidentiels pour les personnes âgées avec des soins 24 heures sur 24 dans ce pays de 5,5 millions d’habitants. En 2007, environ 41 000 Danois recevaient de l’aide permanente, soit dans une maison de soins infirmiers ou dans un « logement de soins infirmiers ». En comparaison, l’Ontario, qui compte plus de 13 millions d’habitants loge environ 76 000 personnes dans des établissements de soins de longue durée.

Le Danemark fournit beaucoup plus de soins à domicile.

Et il ne le fait pas à bon marché – en 2005, le Danemark a dépensé 4,04 milliards d’Euros pour les soins à domicile – soit environ 5,27 milliards de dollars canadiens. Ce chiffre représente environ 2 pour cent de leur PIB. De son côté, l’Ontario, qui compte davantage d’habitants, dépense environ 2 milliards de dollars sur les soins à domicile, pour un PIB de quelque 650 milliards de dollars – soit environ un sixième de ce que le Danemark dépense.

Le problème est que dans son budget le plus récent, l’Ontario compte augmenter les soins à domicile de 4 pour cent ET maintenir le statu quo sur les nouveaux lits de soins de longue durée, en dépit d’une liste d’attente de 30 000 personnes pour les maisons de soins infirmiers et de 10 000 pour les soins à domicile.

Même avec sa décision de ne plus construire de maisons de soins infirmiers, par rapport au nombre d’habitants, le Danemark compte toujours plus de lits résidentiels avec des soins 24 h sur 24 que l’Ontario.

Tandis que, dans les établissements de soins de longue durée ontariens, les couples attendent souvent longtemps pour être réunis, au Danemark, le logement offert doit permettre d’accommoder deux personnes. Si le bénéficiaire meurt, le partenaire ou le conjoint ou la conjointe qui lui survit est autorisé à rester.

Une caractéristique importante des soins à domicile au Danemark est l’accent sur les services de soutien. De nombreux Danois reçoivent de l’aide à domicile même s’ils n’ont pas besoin de soins infirmiers. Si le but est de garder les personnes âgées chez elles le plus longtemps possible – comme c’est le cas au Danemark – il est alors logique d’avoir ce que les Danois appellent des « aides ménagères », qui aident avec les actes essentiels de la vie quotidienne.

En Ontario, les Centres d’accès aux soins communautaires engageaient autrefois des personnes à contrat pour aider les personnes âgées à rester chez elles. Avec le resserrement des budgets, sous le régime Harris, ces services ont discrètement diminué.

Compte tenu du fait que la plupart des 100 000 préposés aux soins à domicile au Danemark sont des fonctionnaires – environ 5 pour cent viennent du secteur privé – la coordination des services est considérable. Une étude effectuée en 2010 par l’Institut allemand de recherche économique disait, « les préposés aux soins infirmiers à domicile, les préposés aux soins personnels à domicile et les préposés aux soins pratiques à domicile collaborent ensemble et coordonnent leurs services ». Elle dit aussi que « de nombreuses autorités locales collaborent sur les mesures de prévention et de réhabilitation des personnes âgées ».

Si c’est vraiment là que l’Ontario veut aller, le travail à faire est important.

Tandis que l’Ontario veut maintenir le statu quo avec les lits de ses établissements de soins de longue durée, l’expérience danoise suggère de faire des investissements majeurs tant dans les soins à domicile que dans les solutions de rechange en matière de logement.

Dans le climat actuel de restrictions budgétaires, il est peu probable que ça se produise de si tôt.

Comme avec bien d’autres tentatives de réforme, l’Ontario voudra sans doute empocher les profits d’un tel système avant d’en mettre en place les outils.

Nous l’avons vu dans le secteur de la santé mentale. Nous l’observons maintenant dans les hôpitaux, où les services sont gentiment éliminés au profit de prestataires de soins communautaires largement imaginaires.

Et maintenant, nous voyons le gouvernement retenir la ligne sur les lits des soins de longue durée tandis qu’aucun progrès n’est accompli au niveau des soins à domicile.

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