Prévention des chutes : Les RLISS parviendront-ils à surmonter l’impact de la radiation et des restrictions budgétaires?

À eux seuls, les chiffres sont surprenants.

Environ 50 pour cent des hospitalisations de personnes âgées liées à des blessures concernent des chutes.

Nous dépensons un montant estimé à 962 millions de dollars par année pour soigner les personnes qui ont fait une chute.

Les chutes sont responsables de 95,1 pour cent de toutes les fractures de la hanche.

On s’attend à ce qu’une personne âgée sur trois tombe probablement au moins une fois par année.

Six Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) ont identifié les chutes comme une priorité et ont déjà mis en œuvre des programmes de prévention exhaustifs.

En juillet dernier, le Partenariat des RLISS a présenté ses propres cadre et trousse d’outils pour la prévention des chutes, dans le cadre d’un projet qui visait à établir une stratégie provinciale sur les chutes.

On est en terrains délicats vu que le rôle de la prévention appartient aux unités de santé publique, et pas aux RLISS. Quand la province a choisi la moitié du système de santé qui serait intégrée par les RLISS, elle n’a pas inclus les unités de santé publique. Zut alors!

Pire encore, les 32 unités de santé publique partagent des frontières différentes à celles des 14 RLISS, ce qui contribue aussi à des problèmes d’empiétement de compétence.

Les unités de santé publique n’ont pas été inscrites au budget du gouvernement provincial ce printemps, et ce, en dépit d’un appel vigoureux de Don Drummond, le commissaire chargé de la réforme des services publics, de tripler les fonds accordés pour les amener aux niveaux du financement de la Colombie-Britannique (tandis qu’il suggérait dans un même temps de profondes compressions budgétaires globales).

Ce problème appartient un peu à tout le monde, et il semblerait que les décisions du gouvernement McGuinty n’aient fait qu’exaspérer la situation.

Le genre de services de santé que l’Ontario a retiré de la liste, dont les examens de la vue et la physiothérapie, sont justement le genre d’interventions dont on a besoin pour réduire la fréquence des chutes.

La province a récemment décidé qu’elle ne couvrirait plus le dosage de la vitamine D, même si les RLISS indiquent que la carence en vitamine D est un des principaux facteurs médicaux liés aux chutes. L’Annexe C du rapport des RLISS inclut un examen préliminaire de la littérature sur la prévention des chutes chez les personnes âgées. Il mentionne explicitement que « une combinaison de suppléments de vitamine D et de calcium chez les femmes âgées permettra de réduire le risque de chutes de plus de 40 pour cent. »

Tandis que les Centres d’accès aux soins communautaires offraient autrefois toute une gamme de services de soutien non cliniques à domicile, ceux-ci sont désormais offerts de manière erratique d’une région à l’autre. Le domicile est pourtant un autre des facteurs majeurs de risque de chutes.

Le RLISS rapporte que les déterminants sociaux de la santé sont un facteur majeur pour déterminer la probabilité de subir une chute; malgré cela, les budgets qu’on nous impose contribuent à un Ontario et à un Canada de moins en moins égalitaires. Notre niveau d’inégalité augmente même plus rapidement qu’aux États-Unis.

Les chutes sont-elles la source du problème, ou un symptôme du problème d’un système de santé qui ne fonctionne pas bien?

Ce serait formidable s’il existait une simple stratégie pour réduire les chutes, mais les problèmes de santé considérés comme des facteurs de risque sont nombreux, et comprennent notamment les dépendances, l’anémie, l’arthrite, les déficiences cognitives, la coronaropathie, le délire, la démence, la dépression, le diabète, l’incontinence, une faible densité minérale osseuse, l’ostéoporose, la maladie de Parkinson et l’hypertension orthostatique.

Les faits montrent que peu de résultats sont achevés de façon uniforme à travers les établissements. Par exemple, les interventions axées sur l’exercice réduisent les taux de chutes dans les établissements communautaires et dans les hôpitaux, mais les résultats étaient mitigés dans les établissements de soins de longue durée.

« Dans cet examen préliminaire de la documentation, on n’a rien vu qui pourrait nous aider à trouver l’intervention la plus convenable », mentionne le rapport.

Le projet des RLISS comprend une évaluation exhaustive qui, selon eux, peut même être effectuée par les préposés aux services de soutien, en dépit du besoin d’une évaluation médicale complète et d’une évaluation des médicaments actuels. En fait, ils disent qu’elle peut être intégrée dans la pratique courante des soignants qualifiés typiques, même si ces mêmes soignants qualifiés sont déjà surchargés de travail; et le rapport ne mentionne pas d’argent (au-delà des prévisions en fait d’économies).

D’autre part, chaque RLISS aura un comité multisectoriel central qui se rencontrera au moins une fois tous les trois mois pour parler de ça. L’intention est d’obtenir des fournisseurs de services de santé qu’ils travaillent ensemble pour examiner ces questions et pour surveiller les progrès en grande partie au moyen du système de collecte de données existant. Ces comités échangeraient ensuite avec un groupe provincial.

Il est difficile de s’opposer à une stratégie visant à réduire les chutes. Comme le rapport le dit, « une chute, pour une personne âgée, peut se traduire par une invalidité, un niveau de fonctionnement réduit, une perte d’autonomie, un changement au niveau des conditions de résidence, voire même la mort. »

Si ça fonctionne – nous dit le RLISS de la région d’Érié St-Clair dans un récent article – alors l’effort en aura valu la peine. Il est encore trop tôt pour se prononcer. Si bien qu’on ne peut vraiment attribuer la réduction des chutes dans la région d’Érié St-Clair à autre chose qu’à un hiver doux. Vu l’ampleur des risques, il n’existe pas vraiment de stratégie globale visant à les résoudre. Et à cette époque d’austérité, tout est plus facile à dire qu’à faire.

La Colombie-Britannique est reconnue comme la province phare en matière de prévention des chutes. Mais n’oublions pas, comme Drummond l’a mentionné dans son rapport, que le secteur de la santé publique en C.-B. a trois fois les fonds que nous recevons ici en Ontario.

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