Les femmes sont appelées à payer de façon disproportionnée pour le déficit

L’impact sur les femmes du rapport de la Commission Drummond devrait vraiment faire l’objet d’une étude.

Quelques jours après la Journée internationale de la femme, nous demeurons confrontés à une attaque sans précédent contre le secteur public – un secteur qui emploie quelque 60 pour cent de femmes.

Et dans le domaine des soins de santé, ce chiffre est encore plus élevé – 82 pour cent.

Tandis qu’on ne cesse de parler de partage de l’impact de la récession, la réalité est telle que ce sont à ceux qui dépendent le plus des services publics et à ceux qui les fournissent que l’on demande d’en porter le fardeau. Et plus souvent qu’autrement, ce sont les femmes qui écopent.

On se rappellera qu’il avait été important de sauver l’industrie automobile lorsqu’elle menaçait de supprimer des milliers d’emplois. On juge également important de protester contre des compagnies comme Caterpillar lorsqu’elles s’accaparent l’argent des contribuables avant de fermer les portes de leurs usines locales et de s’enfuir vers des destinations où la main-d’œuvre est meilleur marché. Ces combats de premier plan concernent également des emplois en majeure partie occupés par des hommes.

Pourrons-nous nous attendre à de telles attention et solidarité lorsque des secteurs dominés en grande partie par des femmes commenceront à se défaire de milliers d’emplois? Quand l’Hôpital de Scarborough a supprimé 85 emplois syndiqués, tout récemment – pour la plupart des postes d’infirmières – les médias en ont à peine parlé.

Et ce n’est pas nécessairement juste une question d’emplois perdus.

Un des thèmes du rapport de la Commission Drummond est le déplacement des services – et des emplois – des hôpitaux à des organismes communautaires. On parle ici de remplacer des emplois qui sont bien payés et qui offrent une certaine sécurité. Une fois de plus, la plupart de ces emplois sont des emplois occupés par des femmes.

Ce transfert d’emplois se traduira vraisemblablement aussi par l’apparition d’un plus grand nombre de postes à temps partiel. Trente pour cent de la main-d’œuvre féminine travaille déjà à temps partiel, comparativement à 10 pour cent chez les hommes.

Le secteur public est un secteur où l’équité salariale a été mise en œuvre avec succès et se maintient. Tandis que la loi s’applique aussi au secteur privé, ce dernier est beaucoup plus lent à l’adopter. La privatisation de ces emplois ne manquera pas d’élargir l’écart entre les revenus des hommes et des femmes.

Une étude de Statistique Canada effectuée en 2010 rapportait que plus de femmes que d’hommes au Canada complètent des études postsecondaires. Les Canadiennes montrent des taux de réussite, au collège et à l’université respectivement, 11 pour cent et 18 pour cent plus élevés que les hommes. Pourtant, cela n’a guère fait de vague dans l’écart entre les gains. Parmi les diplômés postsecondaires, les Canadiennes gagnaient 63 pour cent de ce que les hommes possédant les mêmes compétences gagnaient.

Les hommes représentent plus de trois quarts de tous les contribuables gagnant plus de 100 000 $.

Il est aussi intéressant de noter que les deux procédures médicales que Don Drummond estime trop fréquentes en Ontario soient les césariennes et les hystérectomies.

Salimah Valiani, une économiste à l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, recommande que les gouvernements dressent un budget qui tienne compte des besoins des femmes et qui reconnaisse l’impact disproportionné des options de dépenses et de revenus sur les sexes.

Si l’on considérait la situation dans cette optique, une bonne partie des recommandations de Don Drummond relativement à la réforme des services publics seraient vraisemblablement rejetées.

En ce mois de la Journée internationale de la femme, est-ce que qui que ce soit est intéressé à protester?

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