Rapport Drummond : Restrictions financières pour les secteurs des soins de santé… et des cadeaux

Tandis qu’il resserre la ceinture du système d’un autre cran, Don Drummond veut faire un cadeau à chaque fournisseur de soins de santé.

Dans son rapport publié cette semaine, la Commission sur la réforme du secteur public passe de l’augmentation des salaires des dirigeants des Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) aux dépenses triplées par habitant pour la santé publique.

Et tout cela devrait se faire en parallèle avec des augmentations des dépenses de santé limitées à 2,5 pour cent par année, soit environ la moitié de l’augmentation reçue en 2011.

On ne sait trop d’où viennent les économies avec tous ces nouveaux investissements, pas plus qu’on ne nous apprend comment on peut en faire autant avec si peu. En fait, très peu de coûts sont associés à ces recommandations.

En tout, Drummond fait 105 recommandations pour le système de la santé, dont de nombreuses déjà en cours ou mises en œuvre.

Tandis que le Commissaire réclame davantage de fonds pour presque tous les secteurs, il est clair que les restrictions toucheront davantage les hôpitaux et les médecins.

Pour les hôpitaux, Drummond recommande quand même un financement accru, mais versé à un rythme plus lent que dans les autres secteurs. Toutefois, il veut encourager certains fournisseurs de soins de santé, comme les équipes de santé familiale, afin de garder les patients hors des hôpitaux.

Malgré le gâchis d’ORNGE, Drummond insiste pour garder la porte grande ouverte aux fournisseurs de soins de santé publics à but lucratif, qui se feraient concurrence pour la prestation des services. Une fois les services dans le secteur privé à but lucratif, le voile du secret tombe automatiquement sur les détails concernant les dépenses de ces entités. Les entités privées à but lucratif ne sont pas tenues d’afficher le salaire de leurs employés gagnant plus de 100 000 $ sur la liste prévue à cet effet.

La Commission de restructuration des services de santé formée vers la fin des années quatre-vingt-dix avait apporté de nombreuses fusions d’hôpitaux publics coûteuses. Drummond réclame d’autres fusions, affirmant que les fournisseurs de soins de santé sont en trop grand nombre. Ces fusions seraient en grande partie de nature administrative, incorporant séparément les cadres supérieurs, afin d’éviter tout conflit de travail majeur.

Le plus grand changement serait le « surdimensionnement » des RLISS, qui comprendrait une éventuelle fusion avec les centres d’accès aux soins communautaires, conférant aux RLISS la capacité de gérer les dossiers. Drummond suggère d’autres réductions au niveau du ministère de la Santé avec le transfert de personnel aux RLISS, pour créer 14 mini-ministères à travers la province. Tandis que les salaires des dirigeants ont déjà fait l’objet de la colère publique, Drummond veut augmenter les salaires des dirigeants des RLISS pour les décourager d’aller travailler dans les hôpitaux publics. Il propose de n’imposer aucun plafond salarial pour les dirigeants des hôpitaux, mais préfère que les augmentations salariales dépendent du rendement.

Les RLISS élargiraient leur champ de compétence, et joueraient un rôle plus important dans la prestations des soins primaires. Ils serviraient aussi de « police des champs de pratique », pour s’assurer que les hôpitaux n’emploient pas de professionnels qui feraient le travail que des individus moins qualifiés pourraient faire à moindre coût.

Même si Drummond avait comme directive de ne pas recommander la privatisation des soins de santé, il n’hésite pas à augmenter les primes et à disqualifier les personnes âgées du Programme de médicaments de l’Ontario sur la base de leur revenu.

Il semble croire que des économies considérables peuvent en découler, mais il veut appliquer ces économies à la couverture de l’assurance-médicaments de tous les Ontariens dont le revenu se situe sous un certain niveau non établi.

Drummond souhaite dépolitiser les soins de santé, rendant le système moins vulnérable aux citoyens furieux de voir se fermer des hôpitaux, d’attendre longtemps avant d’obtenir des soins à domicile et d’observer les autres soi-disant « améliorations des services ». En conférant un plus grand pouvoir de décision aux RLISS, le gouvernement peut se laver les mains des impacts néfastes sur les communautés. Drummond n’a pas prévu que les RLISS rendent des comptes aux régions qu’ils desservent.

Parmi les autres cadeaux que cette augmentation de 2,5 pour cent devrait subventionner, notons :

• Améliorer les services de santé mentale

• Décharger les municipalités des services de santé publique

• Accélérer la mise en œuvre de CyberSanté

• Augmenter le nombre d’inscriptions dans les facultés de médecine, y compris un plus grand nombre de placements pour les infirmières et les autres professionnels des soins de santé

• Améliorer le rôle de l’Institut de recherche en services de santé et du Conseil ontarien de la qualité des services de santé, y compris l’application de pratiques fondées sur l’expérience dans le domaine des soins primaires

• Améliorer les télésoins à domicile

• Se concentrer sur « l’évaluation et le rétablissement » des personnes âgées en soins de longue durée, afin qu’elles puissent rentrer chez elles

• Améliorer les soins communautaires, et plus particulièrement les soins à domicile

• Améliorer la planification des ressources humaines dans le domaine de la santé

• Transférer davantage de médecins de soins primaires dans les équipes de santé familiale

• Améliorer les prestations d’assurance-maladie, y compris les médicaments, les soins de longue durée et les « aspects » de la santé mentale

• Créer des organismes similaires à Action Cancer Ontario pour la santé mentale en plus des maladies du cœur et des maladies des reins

• Établir une commission pour guider les réformes des services de santé

Drummond demande à ce que les fournisseurs de soins de santé se concurrencent pour les procédures, entraînant une course vers l’abîme et ignorant totalement la planification qui tient compte des besoins de la communauté.

Il voudrait aussi que les hôpitaux se spécialisent, un processus qui a déjà été entamé avec les RLISS.

Guettez la publication d’autres analyses des recommandations de Drummond dans les prochains jours.

Pour télécharger le rapport complet de Drummond, cliquez ici.

 

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